L’art du Boondocking

 In Roadtrip

Vous connaissez le boondocking ?

On pourrait qualifier le boondocking comme du camping en totale autonomie. De plus en plus de caravaniers se tournent vers le boondonking pour plusieurs raisons notamment pour la liberté, pour la nécessité lors d’un long trajet, pour le goût de l’aventure en choisissant des endroits qui offrent plus de liberté et d’intimité, et pour faire des économies d’argent.

Le boondocking c’est pour qui ?

Cette façon de faire est de plus en plus populaire et il est pour tous les caravaniers. C’est vrai qu’il est plus facile pour les vans convertis, mais il est fort possible pour les véhicules récréatifs de classe A, B, C, roulotte ou fifthwheel de pouvoir également en profiter. Bien souvent, ce sont des endroits où c’est gratuit ou dont une petite contribution est suggérée. Il est possible d’arrêter pour la nuit ou à peu de frais dans certaines villes, comme Baie-Comeau ou Rivière-au-Tonnerre au Québec, où ils offrent des stationnements pour 24-48 heures à notre disposition. D’ailleurs, on salue l’initiative de ces villes !

Nous avons découvert cette façon de voyager lors de notre premier roadtrip, en mai et juin dernier, dans l’Ouest américain. Nous avons eu la chance de trouver des endroits magnifiques dans le désert de l’Utah, dans les rockies du Colorado, au bord de l’eau sur la Côte-Nord ou dans le Montana et dans des stationnements, un peu moins jet set, à Las Vegas ou à Québec!

Pour commencer quelques petites règles de bases dans l’art du boondocking respectueux

  1. Respecter la signalisation. S’il y a interdiction de dormir ou inscription avec terrain privé, on ne dort pas sans permission, et on trouve un autre endroit.
  2. PAS DE GÉNÉRATRICE … sinon y aller avec votre gros bon sens. 20 minutes pour charger la batterie ou faire votre café, et faire rouler toute une journée et toute la nuit pour la clim, vous voyez ce qu’on veut dire. Les gens qui choisissent de dormir en boondocking dans la nature ne seront pas heureux d’entendre votre génératrice, donc soyez respectueux. Maintenant avec les panneaux solaires c’est si facile d’être discret et bien fonctionnel.
  3. Si c’est dans un stationnement de magasin de grande surface tel que Walmart, on ne sort pas les chaises de camping sur le stationnement ni les auvents, on s’installe loin pour ne pas nuire aux clients du magasin. On n’est pas sur un terrain de camping ou dans un parc.  On arrive pour le dodo et l’on part avant l’ouverture. Trop souvent, nous avons vu des roulottes/fifthwheel et winnebago sur place sans la voiture. À ce moment là, il serait approprié de prendre un terrain de camping.
  4. On ramasse ses déchets, on ne vide pas le réservoir d’eau grise au sol, ou son eau de vaisselle dans les endroits publics. Si vous êtes dans la nature, certains endroits autorisent de vider le réservoir d’eau grise (jamais le réservoir d’eau noire), n’utilisez que des produits biodégradables et sans danger pour l’environnement.
  5. Pas de musique forte ou de son de télévision.
  6. On n’installe pas les pattes pour stabiliser le véhicule, on doit faire comme si nous étions toujours prêts à partir rapidement.
  7. On encourage local, c.-à-d., on achète locale et on visite locale, c’est une façon de remercier pour l’hospitalité
  8. On respecte la faune, la flore et la nature évidemment,
  9. On Laisse l’endroit tel que vous l’avez trouvé ou encore plus propre qu’à votre arrivée, ce n’est pas rare qu’on ramasse un sac de déchet..des autres.
  10. Et dernier conseil, y aller avec son gros bon sens…

Ça peut sembler évident pour certaines choses et pour d’autres un peu moins, mais on partage ce que nous avons vécu comme expérience dans les derniers mois. Aux États-Unis, cette pratique est fréquemment utilisée. Les sites où nous avons dormi sont très propres et mis à part 1 ou 2 mauvaises expériences, dans l’ensemble les gens sont très respectueux. C’est d’ailleurs pour cette raison que les États-Unis laissent plusieurs sites de boondocking à disposition tel que les BLM, c’est comme les terres de la couronne pour nous au Canada.

Nous utilisons quelques applications pour trouver des sites pour la nuit, des stations de vidages, des endroits pour remplir notre bonbonne de propane ou pour mettre de l’essence. On partage avec vous nos applis préférées, ceux que nous avons sur notre téléphone.

Ce sont, personnellement, ceux que nous utilisons le plus souvent, mais vous trouverez qu’il y en a plusieurs autres. Une autre façon de trouver d’autres endroits, c’est en téléchargeant la carte pour les BLM aux États-Unis, et ici les terres de la couronne au Canada. Ensuite, vous pouvez toujours trouver des endroits en vérifiant les affiches et les signalisations sur votre passage.

Ce que nous avons également remarqué au Québec, c’est les villages relais, de façon générale, ils sont accommodants avec les caravaniers.  Certains vont mettre des terrains ou des stationnements à la disposition des véhicules récréatifs pour une période de 24 à 48 heures. Je lève mon chapeau à cette initiative, et pour notre part nous sommes vraiment heureux de pouvoir par la suite dépenser notre argent dans les boutiques, restaurants et musée par exemple.  C’est une belle façon de faire rouler l’économie locale, et pour être honnête, l’argent que nous n’utilisons pas dans les campings commerciaux on la remet ailleurs.

Nous sommes conscients que cela peut être mal vu à certains endroits, c’est bien méconnu encore ici au Québec cette pratique et souvent mal utilisé. Si tous ensemble on fait une différence, je pense que ce sera de mieux en  mieux adapté chez nous.  Une des villes, dans les derniers mois qui nous a beaucoup déçus, c’est  Tadoussac. Nous avons pris un terrain de camping cette fois-là, car le boondocking, bien que ce soit un village relais, ne l’accepte pas. Jusque-là ça va, mais c’est impossible, pour un véhicule récréatif, de se garer dans la vile ou presque. Nous voulions aller prendre un verre sur une terrasse et le stationnement pour les VR est limité à seulement 1 heure. C’est un peu vite pour profiter d’une belle terrasse ici. Nous avons donc pris la décision de nous rendre à Baie-St-Catherine pour le reste de notre séjour. En règle générale, nous n’avons eu que de bonnes expériences.

Info pratique

Pour pratiquer le boondocking, il faut quand même avoir un minimum de préparation.

  • Vérifier le niveau des réservoirs d’eau fraîche, d’eau grise et d’eau noire, pour pouvoir tenir sans station de vidange pendant quelques jours,
  • Au préalable, avoir une idée d’où il est possible de passer la nuit en regardant les cartes interactives sur les applications,
  • Avoir une idée de l’énergie que vous utilisez pour ne pas en manquer. Pour notre part, nous avons 200 watts de panneaux solaires ainsi qu’un convertisseur de courant de 1500 watts en courant pur, ce qui nous permet de pouvoir faire fonctionner notre machine à café qui demande une production d’énergie de 1200 watts, ensuite recharger nos batteries de nos appareils photos et nos ordinateurs, faire fonctionner notre télévision et nos lumières le soir. Ensuite, nous avons une batterie marine 105 Ah. Pour notre consommation, c’est suffisant pour l’utilisation qu’on en fait. Par contre, nous prévoyons l’achat d’une autre batterie pour cet hiver lorsque nous serons aux États-Unis par mesure de sécurité.
  • Toutes nos lumières fonctionnent aux DEL ainsi que la télévision, ce qui demande très peu énergie pour fonctionner.
  • En ce qui concerne l’eau, nous sommes capables d’être autonomes 3-4 jours si l’on fait attention à l’utilisation qu’on en fait. Donc, on prend des douches rapides, on lave la vaisselle une fois par jour au complet le plus possible, et nous avons 2 bouteilles de 18 litres pour notre consommation d’eau potable. Pour cet hiver, nous allons acheter d’autres réservoirs d’eau, pour nous ajouter au total un autre 60 litres supplémentaire, car nous prévoyons faire des endroits plus retirés et être autonomes plus longtemps sans avoir à bouger nécessairement.
  • De plus, nous gardons toujours des aliments en boîtes, de la nourriture sèche comme du riz et des noix et des légumes congelés. De cette façon, si la nourriture fraîche est terminée et moins accessible, comme à certains endroits, nous aurons toujours quelque chose pour nous dépanner quelques jours.

Nous avons fait des tests près de la maison à quelques reprises afin d’en apprendre sur nos besoins et notre niveau d’autonomie. Nous avons refait des réajustements suite à cela. C’est toujours plus simple de le tester avant d’être dans le dessert d’Utah. Alors on vous suggère de faire la même chose pour vous. Ça vous permettra de mieux vous préparer, et de cette façon, éviter les mauvaises surprises et de vous adapter.

C’est ce qui termine cet article, j’espère qu’il vous aidera à expérimenter le boondocking, d’ajuster la façon dont vous le faites peut-être déjà et de partager vos bons conseils avec nous et votre entourage si vous en avez. On ne va pas se cacher, qu’ici au Québec, le boondocking est encore mal vu, surtout car il est mal connu. Ensemble, soyons de bon « campigneux », soyons respectueux de notre environnement et du privilège de cette pratique afin que dans le futur, de plus en plus de villes l’offrent et l’acceptent.

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